🔞 +18 — Les jeux d’argent sont interdits aux mineurs. Jouer comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Joueurs Info Service : 09 74 75 13 13, appel anonyme et non surtaxé.
L’interdiction volontaire de jeux est une mesure d’autoprotection demandée par le joueur lui-même. Elle ne relève ni d’une sanction, ni d’une décision de justice, ni d’un constat médical. Ce guide détaille son périmètre exact, la procédure officielle et les conséquences concrètes pour la personne inscrite.
Un dispositif d’autoprotection encadré par la loi
Une démarche personnelle et confidentielle
L’interdiction volontaire de jeux permet à un joueur de se protéger lui-même contre le jeu excessif. La démarche est strictement personnelle et confidentielle : elle n’est ni une punition, ni une reconnaissance de dépendance, ni une inscription publique. Elle est réservée aux majeurs, mais un tuteur ou un curateur peut en faire la demande pour une personne majeure sous tutelle. Un joueur peut s’inscrire pour lui-même sans justifier d’un problème installé : la demande peut être préventive, après une perte de contrôle ponctuelle ou face à une pratique qui inquiète. Aucun diagnostic médical n’est exigé, et aucun motif particulier ne doit être fourni à l’opérateur. Ce cadre s’inscrit dans une logique de jeu responsable, où la protection du joueur prime sur le bénéfice commercial.
Ce que couvre exactement l’interdiction
Le périmètre est précis. L’interdiction s’applique aux casinos et clubs de jeux physiques implantés en France, aux sites de paris sportifs, de paris hippiques et de poker agréés par l’ANJ, ainsi qu’aux jeux de la FDJ et du PMU réalisés avec un compte joueur, en ligne comme en point de vente. Les comptes déjà ouverts chez les opérateurs légaux sont clôturés. Concrètement, un casino en ligne argent réel agréé en France doit refuser l’accès au joueur inscrit.
Les sites illégaux restent hors du périmètre
Point essentiel : l’interdiction ne couvre que les opérateurs légaux. Elle ne bloque pas les sites illégaux ou hors ANJ, qui ne consultent pas le fichier national. C’est précisément pourquoi il faut éviter ces plateformes : sans agrément, elles n’appliquent ni contrôle d’âge, ni plafond de dépôt, ni procédure de protection. Un casino sans licence reste inaccessible à toute mesure d’interdiction volontaire, ce qui en fait un terrain à risque pour les joueurs vulnérables. La protection s’arrête donc à la frontière des opérateurs agréés, et il vaut mieux ne jamais ouvrir de compte sur un site non licencié.
Le fichier national des interdits de jeux
Ce dispositif, souvent désigné sous le nom d’interdiction de jeux ANJ, repose sur la loi n° 2010-476 du 12 mai 2010. Le fichier national des interdits de jeux était auparavant tenu par le ministère de l’Intérieur ; il a été transféré à l’ANJ depuis le 31 décembre 2020, en application de l’ordonnance du 2 octobre 2019. Au moment de sa communication, l’ANJ recensait plus de 38 500 personnes inscrites. Ce fichier permet aux opérateurs agréés de vérifier l’identité des joueurs avant d’ouvrir un compte ou de laisser entrer une personne dans un casino.
La procédure, étape par étape
Demander l’interdiction en ligne
La demande s’effectue sur le téléservice interdictiondejeux.anj.fr. Le formulaire doit être signé et accompagné de coordonnées complètes, dont un créneau horaire pour être rappelé. Il faut joindre une copie d’une pièce d’identité en cours de validité : passeport, carte nationale d’identité recto-verso, permis de conduire ou titre de séjour. L’ANJ vérifie ensuite l’identité du demandeur par un appel téléphonique et un selfie dynamique réalisé en ligne.
Passer par le courrier recommandé
La demande peut aussi être adressée par courrier à l’ANJ, Service interdiction de jeux, 11 boulevard Gallieni, 92130 Issy-les-Moulineaux. Le dossier comprend le formulaire signé, les coordonnées, le créneau de rappel et la copie de la pièce d’identité. Dans ce cas, l’inscription démarre à la réception de l’avis de réception du recommandé, et non à la date d’envoi. La confirmation est ensuite adressée au demandeur par courrier recommandé.
Durée minimale de trois ans et renouvellement tacite
L’interdiction est fixée pour trois ans minimum et n’est pas interruptible pendant cette période. Elle se renouvelle ensuite de façon tacite : sans démarche particulière, elle reste en vigueur indéfiniment. Autrement dit, l’inscription ne disparaît pas automatiquement du fichier au bout des trois ans. Pour la lever, il faut une demande active déposée sur le même service en ligne, après l’échéance. L’absence de demande de levée prolonge donc la mesure sans limite de durée : une inscription prise en 2026 reste active en 2029, puis en 2032, tant que la personne ne demande rien.
Conséquences pratiques pour le joueur
Les effets sont concrets. L’entrée est refusée dans les casinos et clubs de jeux, et les comptes en ligne sont fermés. Pour les professionnels du secteur, l’inscription entraîne la perte de l’agrément, donc la perte de l’emploi, et un refus d’agrément pendant trois ans en cas de nouvelle embauche. L’inscription reste confidentielle et n’a aucune conséquence pénale. Les opérateurs agréés sont les seuls à consulter le fichier, dans le cadre de leur obligation de vérification.
Confidentialité et articulation avec l’aide
La démarche ne figure pas dans un registre public et n’est pas communiquée à l’entourage. Elle peut s’accompagner d’un appel à Joueurs Info Service, au 09 74 75 13 13, ligne anonyme et non surtaxée. Le test Evalujeu de l’ANJ aide à situer sa pratique avant ou après la demande. Pour comprendre les mécanismes en jeu, la page sur l’addiction aux jeux d’argent complète ce repère.