🔞 +18 — Les jeux d’argent sont interdits aux mineurs. Jouer comporte des risques : endettement, isolement, dépendance. Joueurs Info Service : 09 74 75 13 13, appel anonyme et non surtaxé.
« Quel joueur êtes-vous ? » La question revient chez les joueurs qui veulent savoir où ils en sont. En France, elle a une réponse outillée : un questionnaire de neuf questions, l’Indice canadien du jeu excessif, utilisé par les enquêtes publiques et repris par l’ANJ.
Ce test ne dit pas si quelqu’un est malade. Il situe un niveau de risque sur les douze derniers mois, sur une échelle de 0 à 27. Voici ce qu’il mesure, comment lire le résultat, et ce qu’il faut en faire.
Neuf questions, quatre niveaux
Ce que demande l’ICJE
Les neuf questions portent sur les douze derniers mois. Chacune se répond par jamais, parfois, la plupart du temps ou presque toujours, selon le questionnaire publié par l’OFDT, l’observatoire public des addictions.
Elles portent sur des faits datés et sur une émotion, la culpabilité : miser plus que ce qu’on peut perdre, augmenter les mises pour retrouver la même excitation, rejouer pour récupérer une perte, vendre ou emprunter pour jouer, se sentir coupable, être critiqué par son entourage. Aucune ne demande le montant dépensé.
Comment le score est calculé
Neuf questions et un maximum de 27 points : chaque réponse est donc cotée de 0 à 3 points, selon la fréquence déclarée. Le total additionne les neuf items, sans pondération entre eux.
Un joueur peut atteindre 8 points avec des réponses modérées partout, ou avec deux réponses très fréquentes et le reste à zéro. Le même score peut donc recouvrir des profils différents.
Quatre profils, quatre bornes
Le score va de 0 à 27. L’OFDT distingue quatre groupes : joueur sans risque (score 0), joueur à faible risque (1 à 2), joueur à risque modéré (3 à 7) et joueur excessif (8 et plus).
Le mot « excessif » désigne ici une borne de score, pas un état clinique. Il classe un joueur dans une enquête de population, pas dans un examen médical.
Un score qui inclut l’entourage
Deux des neuf questions portent sur le regard des autres et sur les problèmes financiers du ménage. Le test ne mesure donc pas seulement une sensation interne : il intègre aussi ce que l’extérieur renvoie au joueur.
Une personne critiquée pour ses habitudes de jeu marque déjà des points, même si elle ne se sent pas en difficulté. Un score élevé peut venir de là, et non d’une perte d’argent.
Un repérage, pas un diagnostic
Un score élevé signale un risque, pas une maladie. L’OFDT parle de critères auto-évalués : la réponse dépend de l’honnêteté du joueur et de sa mémoire, deux variables que le test ne contrôle pas.
Cette limite est connue et assumée. L’outil sert à orienter une population vers de l’aide, pas à poser un diagnostic individuel. Un diagnostic relève d’un professionnel, jamais d’un questionnaire en ligne.
Lire son résultat et ajuster sa pratique
Score 0 ou 1 à 2 : la pratique tient
Un score nul ou très bas indique une pratique qui n’a pas produit de dommage déclaré sur l’année. Ce n’est pas une garantie pour la suite : le score décrit douze mois, pas les douze suivants.
Rien à corriger, donc, mais deux repères à garder : un budget fixé avant de jouer et des mises qui ne changent pas d’une session à l’autre. Sur un casino en ligne argent réel, ces repères se posent dans les réglages du compte.
Score 3 à 7 : le risque modéré
Ce niveau regroupe les joueurs dont la pratique a déjà laissé des traces : culpabilité, critiques de l’entourage, difficultés financières ponctuelles. C’est la zone la plus facile à banaliser, parce que les dommages y restent discrets.
Les dommages restent souvent limités, mais ils existent. Le levier le plus direct reste les limites de dépôt, de mise et de temps, que les opérateurs agréés en France doivent proposer dans leur compte joueur.
Score 8 et plus : le seuil du joueur excessif
À partir de 8, l’OFDT classe la pratique en jeu excessif. Le seuil porte sur la fréquence des comportements, pas sur l’argent perdu : aucune question ne demande le montant misé.
Cette catégorie ne résume pas le sujet. Joueurs à risque modéré et joueurs excessifs réunis forment les joueurs problématiques : 4,9 % des joueurs, selon l’OFDT.
Ce que le score ne dit pas
Le test ne mesure ni le montant dépensé, ni la fréquence, ni la durée des sessions. Deux joueurs au même score peuvent avoir des pratiques très éloignées, et donc des risques différents.
Il ignore aussi la vitesse du jeu, qui modifie l’exposition au risque. Sur des machines à sous en ligne, une mise part toutes les quelques secondes : le temps de réflexion entre deux décisions se réduit d’autant.
Refaire le test plus tard
Un score isolé décrit une période, pas une vie entière. Le même questionnaire, repris quelques mois plus tard, montre si la trajectoire monte ou descend, information qu’un résultat unique ne donne jamais.
Un écart net entre deux passages, dans un sens ou dans l’autre, vaut plus qu’une valeur absolue. C’est la comparaison qui renseigne, pas le chiffre seul.
Où faire le test et où trouver une écoute
Evalujeu, l’outil de prévention de l’ANJ, reprend l’ICJE et affiche un niveau de risque accompagné de conseils adaptés au profil. Le questionnaire est accessible en ligne, à tout moment.
Pour en parler, Joueurs Info Service répond au 09 74 75 13 13, un numéro non surtaxé. Un professionnel de santé peut ensuite orienter vers un accompagnement adapté, si la situation le justifie.
Un repérage n’a de sens que s’il débouche sur une action. Le cadre du jeu responsable détaille les garde-fous obligatoires chez les opérateurs agréés ; sur un casino sans licence, aucun de ces garde-fous n’existe.